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Lien entre les méthodes de production des produits sanguins, et les microparticules et l’ADN mitochondrial intervenant dans les réactions transfusionnelles

Pour publication: 11 Avril 2016

Une étude discrédite la théorie de l’endommagement des cellules sanguines lors de la conservation du sang

Des chercheurs du Blood Systems Research Institute, basés à San Francisco, en Californie, et du Centre d’innovation de la Société canadienne du sang, basés à Edmonton, en Alberta, révèlent que certaines méthodes de production des globules rouges seraient moins nuisibles aux cellules que d’autres. Ces observations pourraient non seulement permettre de réduire les réactions indésirables pouvant survenir après une transfusion, mais également avoir des répercussions sur la façon dont le sang est recueilli.Légende : Micrographe électronique d’un surnageant de concentré de globules rouges fraichement préparé. Les microparticules présentes ont un diamètre compris entre 50 et 600 nm; beaucoup ayant un diamètre de 200 nm.  Photo : Adaptée de Danesh et al., Blood 123:687-96 (2014).

En comparant les globules rouges recueillis dans les centres de collecte de ces deux organisations, aux États-Unis et au Canada, les chercheurs ont observé la quantité des microparticules et de l’ADN mitochondrial (ADNmt) présents dans le sang et indicateurs de l’endommagement des cellules. Ils ont étudié neuf méthodes de production, ce qui leur a permis de constater des différences évidentes dans le degré d’endommagement des cellules. Les résultats de cette étude ont déjà été publiés en ligne, sur le site de Vox Sanguinis, et apparaîtront dans le prochain numéro imprimé. 

« Grâce aux précédents travaux de Jason Acker, nous savions déjà que le degré d’endommagement des globules rouges pouvait varier selon le mode de production. Nous nous sommes alors demandé si l’on pouvait retrouver, dans les concentrés de globules rouges, des signaux de danger ou DAMPs (damage-associated molecular pattern molecules) », comme le suggère la quantité de microparticules et d’ADNmt, explique Sonia Bakkour. Sonia Bakkour est chercheuse en chef et membre du laboratoire de transfusion moléculaire du Blood Systems Research Institute. Elle a présenté les résultats préliminaires de l’étude à l’assemblée générale de l’AABB, en octobre dernier. « Notre étude nous a permis de voir que ces signaux sont bel et bien présents, et que leur nombre et leur composition diffèrent selon la méthode de production utilisée, c’est-à-dire le processus et le matériel utilisés pour recueillir et préparer les globules rouges à des fins transfusionnelles. Il apparaît également que certaines méthodes de production sont moins nuisibles que d’autres. »

 

« Travailler avec l’équipe du Blood Systems Research Institute a été essentiel pour cette étude, à cause de la diversité des modes de production des produits sanguins utilisés aux États-Unis, explique Jason Acker, chercheur principal en développement au Centre d’innovation de la Société canadienne du sang. Dans les pays comme le Canada, où il existe un service national d’approvisionnement en sang, les modes de production sont largement normalisés, ce qui rend toute comparaison difficile. Tandis qu’aux États-Unis, le sang est recueilli par des dizaines de centres indépendants qui ont recours à toutes sortes de processus. L’équipe américaine nous a fourni la diversité dont nous avions besoin pour évaluer l’étendue des dommages cellulaires et vérifier si ces dommages étaient dus à des modes de production en particulier. »

Ainsi, l’étude discrédite la théorie selon laquelle la présence d’un nombre élevé de signaux de danger serait liée à la durée de conservation des unités de globules rouges, puisqu’elle montre que l’augmentation des signaux de danger est liée, non pas à une longue durée de conservation, mais à la méthode de production utilisée. L’étude n’a toutefois pas permis de déterminer les causes de la variation de la quantité des microparticules et de l’ADNmt.
« Pour trouver l’élément – ou l’association d’éléments – présent dans les différents processus de production des globules rouges qui serait à l’origine de l’augmentation des signaux de danger et en connaître la raison, il nous faut étudier chaque équipement d’aphérèse, chaque poche de sang, chaque filtre de réduction leucocytaire utilisés dans ces processus – ainsi que tous les autres composants pouvant être différents », indique Michael Busch, vice-président principal au Blood Systems Research Institute.

Ainsi, l’étude discrédite la théorie selon laquelle la présence d’un nombre élevé de signaux de danger serait liée à la durée de conservation des unités de globules rouges, puisqu’elle montre que l’augmentation des signaux de danger est liée, non pas à une longue durée de conservation, mais à la méthode de production utilisée. L’étude n’a toutefois pas permis de déterminer les causes de la variation de la quantité des microparticules et de l’ADNmt.

« Pour trouver l’élément – ou l’association d’éléments – présent dans les différents processus de production des globules rouges qui serait à l’origine de l’augmentation des signaux de danger et en connaître la raison, il nous faut étudier chaque équipement d’aphérèse, chaque poche de sang, chaque filtre de réduction leucocytaire utilisés dans ces processus – ainsi que tous les autres composants pouvant être différents », indique Michael Busch, vice-président principal au Blood Systems Research Institute.

“We think that our research could lead to finding ‘the best’ way to manufacture red blood cells,” predicts Acker. “It’s clear now that manufacturing methods matter. We and our respective research sponsors — Health Canada, US National Institutes for Health, Heart, Lung and Blood Institute are keen to explore what’s in the blood bag or in the filters or in the tubing, for example, that can be minimized or eliminated, improving the outcome in patients who receive blood transfusions.”

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Biographie de Jason Acker
Biographie de Sonia Bakkour
Biographie de Michael Busch

 

En se focalisant sur la recherche appliquée et le développement, le Centre d’innovation de la Société canadienne du sang est devenu un chef de file de l’innovation en matière de transfusion sanguine, de thérapie cellulaire et de transplantation. La Société canadienne du sang est l’organisation nationale qui gère l’approvisionnement en sang, en produits sanguins et en cellules souches pour les provinces et les territoires du Canada, sauf le Québec. Elle assure également la gestion des dons et des greffes d’organes pour l’ensemble du pays dans le cadre d’un modèle de prestation de service interprovincial. Sa dimension nationale, son infrastructure et son mode de gouvernance en font une organisation unique dans le milieu canadien de la santé. La Société canadienne du sang est réglementée par Santé Canada en tant que fabricant de produits biologiques. Organisation sans but lucratif, elle est financée principalement par les ministères de la Santé des provinces et des territoires. 
Renseignements : 
(877) 709 7773, media@blood.ca or blood.ca/research.

 

Le Blood Systems Research Institute, basé à San Francisco, est à l’avant-garde de la recherche scientifique en matière de sécurité transfusionnelle et d’élaboration de politiques. Financé principalement par des subventions et des contrats, auxquels vient s’ajouter la participation des organisations membres de Blood Systems, l’institut génère et analyse des données dans le but d’aider la communauté transfusionnelle américaine et mondiale. Il étudie les maladies infectieuses pouvant être transmises par voie transfusionnelle, et élabore des recommandations sur les stratégies de collecte et d’analyse du sang des donneurs, sur le matériel technologique, et sur les politiques nationales et internationales en matière de conservation du sang.
Renseignements : (480) 675-5664, bkain@bloodsystems.org  or www.bsrisf.org.