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Découverte inattendue : le jeune âge et le sexe féminin d’un donneur influenceraient les résultats de transfusion

Une importante étude canadienne montre qu’il existe un lien entre les caractéristiques des donneurs de sang et les issues cliniques des transfusions chez les receveurs. Il s’agit de la première étude suggérant que les transfusions de globules rouges de donneurs féminins et de jeunes donneurs seraient liées à un taux de survie plus faible chez les receveurs.

La transfusion de globules rouges est l’intervention médicale la plus courante en milieu hospitalier. L’Organisation mondiale de la Santé estime à plus de 100 millions le nombre d’unités recueillies à cette fin dans le monde chaque année. 

« Nous sommes intrigués par ces résultats qui laissent entendre que si vous aviez besoin d’une transfusion, vos résultats cliniques pourraient varier selon l’âge et le sexe du donneur », affirme Dean Fergusson, Ph.D., scientifique principal et directeur du Programme d’épidémiologie clinique à L’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. « Cependant, il est important de retenir qu’il s’agit d’une étude d’observation et que ses résultats ne sont donc pas des données scientifiques définitives. » 

Publiée dans JAMA Internal Medicine, l’étude évaluait l’influence du sexe et de l’âge des donneurs de sang sur l’issue clinique des receveurs en reliant 30 503 receveurs à leurs donneurs respectifs (80 775  donneurs en tout) à L’Hôpital d’Ottawa entre octobre 2006 et décembre 2013. L’âge moyen des receveurs était de 66,2 ans et leurs résultats ont été suivis sur 2,3 ans en moyenne, pour un maximum de 7,2 ans.

Les chercheurs ont découvert chez les receveurs de globules rouges provenant de femmes un risque de décès (quelle qu’en soit la cause) 8 % plus élevé par unité transfusée que lorsque ces globules provenaient d’hommes. Ainsi, pour six unités de globules rouges reçus, le risque de décès associé à cette transfusion un an plus tard était de 36 % si le sang reçu provenait uniquement de femmes, contre 27 % si le sang provenait uniquement d’hommes. 

Les chercheurs ont aussi trouvé des liens similaires pour les globules rouges issus de jeunes donneurs. Les receveurs de sang provenant de donneurs ayant de 17 à 20 ans ont été associés à un risque de décès 8 % plus élevé par unité transfusée, comparativement aux receveurs de sang de donneurs ayant de 40 à 50 ans. De plus, pour le sang provenant de donneurs ayant de 20 à 30 ans, le risque de décès par unité transfusée était de 6 % plus élevé que pour le sang de donneurs de 40 à 50 ans. 

« Nous devons faire des recherches plus poussées pour confirmer ces résultats et examiner les mécanismes biologiques possibles », explique l’auteur principal, le Dr Michaël Chassé, professeur adjoint à l’Université Laval et médecin de soins intensifs au CHU de Québec-Université Laval. « Il est possible que des composantes du sang de jeunes donneurs ou de donneurs de sexe féminin affectent le système immunitaire du receveur. »

« Notre recherche indique que nous devrions chercher la cause des associations observées. Cependant, il n’existe pas de preuves indéniables qui nous permettraient d’affirmer qu’un type de sang est meilleur ou pire qu’un autre », affirme Jason Acker, Ph.D., coauteur de l’article et chercheur principal, Développement, à la Société canadienne du sang. « L’étude ouvre de nouvelles avenues de recherche qui pourraient nous mener vers des explications biologiques nous permettant de comprendre la relation de cause à effet. Entre-temps, les patients continuent de recevoir les transfusions les plus sécuritaires qui soient. »

Soulignons que tous les patients qui ont participé à l’étude ont reçu des transfusions nécessaires qui leur ont possiblement sauvé la vie. Nous invitons tous les donneurs admissibles à continuer de donner du sang. 

La découverte du lien entre les caractéristiques du produit sanguin et l’issue clinique des receveurs de transfusions a été possible grâce à une collaboration unique entre un hôpital et un administrateur de produits sanguins. Cette collaboration pourrait changer radicalement la façon avec laquelle les pratiques cliniques sont informées par la recherche et par l’analyse de données massives.

L’étude a été menée par des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa, de l’Université d’Ottawa, de l’Université Laval et du Centre d’innovation de la Société canadienne du sang. Pour ce faire, ils ont reçu par voie de concours des Instituts de recherche en santé du Canada et de la Société canadienne du sang des subventions fondées sur l’évaluation par des pairs ainsi qu’une aide financière de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.

Référence complète : Michaël Chassé, Alan Tinmouth, Jason P. Acker, Shane W. English, Kumanan Wilson, Greg Knoll, Nadine Shehata, Carl van Walraven, Lauralyn McIntyre, Alan Forster, Tim Ramsay, Dean Fergusson. « Association of blood donor age and sex with recipient survival after red blood cell transfusion », JAMA Internal Medicine, le 11 juillet 2016.

 


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