Sang

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Critères d’admissibilité pour les personnes trans

En août 2016, nous avons défini de nouveaux critères pour normaliser le processus d’évaluation des personnes trans à l’échelle du pays. Ainsi, chaque personne trans sera désormais évaluée de la même manière, peu importe l’endroit où elle souhaite donner du sang.

En novembre 2016, nous avons configuré notre système informatique pour qu’il traite les composants sanguins de manière à réduire les risques de syndrome respiratoire aigu post-transfusionnel ou TRALI (transfusion related acute lung injury).

Aussi, en novembre et en décembre 2016, nous avons organisé des consultations avec des leaders des communautés trans et non binaires afin de définir des critères d’évaluation qui démontrent un maximum de respect envers les donneurs tout en garantissant la sécurité des patients. Nous avons rendu public, en mai 2017, un rapport sommaire des points que les participants ont soulevés pendant ces consultations.

Contexte

Les personnes qui s’identifient comme trans ne sont pas très nombreuses, mais leur nombre a quand même augmenté au cours des dernières années. Jusqu’à récemment, nous n’avions pas de critères nationaux pour les évaluer et elles ne savaient pas trop à quoi s’en tenir lorsqu’elles souhaitaient donner du sang.

Nous sommes conscients qu’une personne qui se fait dire non peut se sentir rejetée et blessée, à plus forte raison lorsqu’elle veut faire un geste altruiste comme donner du sang.

Il n’existe aucun consensus sur l’admissibilité au don de sang des personnes trans à l’échelle mondiale. Beaucoup d’organismes de collecte de sang semblent les exclure d’office, tandis que d’autres restent muets sur le sujet. Aux États-Unis, certains grands opérateurs sanguins déterminent l’admissibilité des personnes trans en se basant sur le sexe qui leur a été assigné à la naissance.

La Société canadienne du sang étant soucieuse d’offrir aux patients des produits sanguins aussi sûrs que possible, elle base ses critères d’admissibilité sur des données scientifiques. Ces critères doivent ensuite être approuvés par Santé Canada.

Risques

TRALI

Le TRALI est une complication rare, mais mortelle, pouvant survenir lorsqu’un patient reçoit le sang d’une femme ayant déjà été enceinte, peu importe qu’elle ait mené sa grossesse à terme, fait une fausse couche ou subi un avortement. Lorsqu’une femme a déjà été enceinte, son plasma, la partie liquide du sang, est plus susceptible de contenir des anticorps qui peuvent provoquer un TRALI chez la personne transfusée.

Pour réduire le risque, notre système informatique gère différemment TOUS les dons de sang provenant de personnes codées comme femme. Le plasma des femmes n’est pas transfusé aux patients, mais est utilisé pour fabriquer des produits tels que les immunoglobulines. Nous avons apporté des changements à notre système en novembre 2016 pour tenir compte de cette réalité.

 

VIH

Les risques de transmission du VIH chez les personnes trans au Canada sont très peu connus puisque l’Agence de la santé publique du Canada ne traite pas les personnes trans comme une catégorie distincte dans ses rapports annuels sur le VIH et le sida. Toutefois, selon les études disponibles, chez les femmes trans de cinq pays à revenu élevé, dont les États-Unis, la prévalence du VIH serait de 22 %. Dans un examen des études ciblant uniquement les États-Unis, il est apparu que 28 % des femmes trans étaient séropositives.

Compte tenu de ces statistiques, nous sommes obligés de considérer les femmes trans qui ont un partenaire sexuel de sexe masculin comme une catégorie de personnes présentant un risque élevé de contamination. Les femmes trans devront donc observer une période d’un an à compter de leur dernière relation sexuelle avec un homme avant de pouvoir donner du sang. Comme pour tous les autres donneurs, on ne base pas l’admissibilité sur une évaluation individuelle des risques, mais sur une catégorie générale de risques.

Critères d’admissibilité

Personnes trans n’ayant pas subi d’opération de réattribution sexuelle

Les donneurs potentiels ont à répondre à une série de questions basées sur le sexe qui leur a été assigné à la naissance. Ce sont leurs réponses qui déterminent si oui ou non ils peuvent donner du sang. Par exemple, une femme trans qui indique avoir eu une relation sexuelle avec un homme doit attendre un an à compter de sa dernière relation avant de pouvoir donner du sang.

 

Personnes trans ayant subi une opération de réattribution sexuelle

Une personne trans peut donner du sang un an après son opération de réattribution sexuelle. Une fois l’année écoulée, elle sera évaluée selon sa nouvelle identité de genre.

Foire aux questions

Sur quelles données scientifiques ces critères sont-ils fondés?

Malheureusement, très peu d’études ont été réalisées sur la population trans au Canada. En avril 2016, les Centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis ont publié un document — HIV Among Transgender People — indiquant qu’aux États-Unis et dans des pays européens à revenu élevé, le taux de prévalence du VIH chez les femmes trans se situe entre 22 et 28 %. Par ailleurs, il existe deux fiches d’information qui contiennent des résumés clairs et actuels de ce que l’on sait des risques de transmission du sida pour les trans hommes et les trans femmes : What are transgender men’s HIV prevention needs?, préparé par des experts de l’Alliance pour la santé sexuelle des hommes gais de l’Ontario, et What are transgender women’s HIV prevention needs?, préparé par des experts de l’Université du Minnesota.

 

Quelle est la politique des États-Unis?

À notre connaissance, il n’existe aucune politique uniforme sur le sujet aux États-Unis. Toutefois, grâce à nos échanges avec des directeurs médicaux travaillant pour de grands opérateurs sanguins américains, nous savons que beaucoup se fondent sur le sexe assigné à la naissance pour déterminer si une personne trans peut ou non donner du sang. Ces organismes de collecte de sang partagent nos préoccupations concernant les risques de TRALI, surtout pour les hommes trans, et de transmission du virus du sida, en particulier pour les femmes trans.

 

La communauté LGBTQ a-t-elle été consultée?

Nous avons demandé à Santé Canada d’approuver nos nouveaux critères d’admissibilité pour les personnes trans et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) en mars 2016. Cette demande a été présentée après une vaste consultation auprès de la communauté LGBTQ, consultation qui a été réalisée par divers moyens : rencontres, webinaires, conversations téléphoniques, etc.

Même si les discussions concernaient principalement le nouveau critère applicable aux HARSAH, toutes les organisations consultées ont été informées des critères proposés pour les personnes trans. Outre les représentants des communautés LGBTQ, chaque séance de consultation a profité de la participation de groupes de patients qui reçoivent de grandes quantités de produits sanguins.

Certains membres des communautés trans et non binaires estiment que nous devrions revoir notre processus d’évaluation. Nous sommes les premiers à vouloir faire mieux et il est important pour nous de travailler avec les communautés trans et non binaires afin d’améliorer les choses. Fidèles à cet engagement, nous avons tenu une séance de consultation à Vancouver en novembre 2016 et une autre à Toronto en décembre 2016. Nous avons transmis aux participants leun rapport sommaire de ces consultations en février 2017.

Voici une liste partielle des organisations qui ont été consultées et avec lesquelles nous poursuivrons le dialogue :

  • AOH Canada
  • Association canadienne de l’anémie aplasique et de la myélodysplasie
  • Bénévoles et donneurs du netCAD (centre de recherche et d’application de la Société canadienne du sang)
  • Blood Club de l’Université de Dalhousie
  • Centre canadien de la diversité de genres et de la sexualité
  • Centre canadien pour la diversité et l’inclusion
  • Community-Based Research Centre for Gay Men’s Health
  • Défenseurs de la cause dans la communauté (personnes qui font la promotion des collectes d’alliés et du recrutement de donneurs)
  • Edmonton Pride (participants)
  • Fédération canadienne des étudiantes et étudiants
  • Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers
  • Fierté Canada Pride (participants à la conférence)
  • Fondation GBS/CIDP (syndrome de Guillain-Barré)
  • Fonds Égale Canada pour les droits de la personne
  • Halifax Pride (participants)
  • Immunodéficience Canada
  • Membres des comités régionaux de liaison de la Société canadienne du sang
  • Membres du Comité national de liaison de la Société canadienne du sang
  • Nova Scotia Rainbow Action Project
  • Opérateurs sanguins étrangers
  • Options for Sexual Health
  • Organisation canadienne des personnes immunodéficientes
  • Pride Toronto et WorldPride (participants)
  • Pride Winnipeg (participants)
  • Société canadienne de l’hémophilie
  • Société canadienne du sida
  • tri-Pride (participants)
  • Vancouver Pride (participants)