Fiche d'information : Test de dépistage du virus du Nil occidental
Depuis le mois de juillet 2003, la Société canadienne du sang pratique, sur toutes les unités de sang collectées, un test expérimental conçu par Roche Diagnostics pour dépister le virus du Nil occidental (VNO). Au début du mois d'août 2004, près d'un million d'unités de sang avaient ainsi été analysées.
Ce test fait appel à la technique d’amplification des acides nucléiques, technique avancée déjà employée pour le dépistage du VIH et du virus de l’hépatite C. Cette méthode permet de déceler le virus même, contrairement à la recherche d’anticorps qui consiste à déceler une réaction immunitaire.
Sur les quelque 225 000 unités de sang analysées l’an dernier, entre le mois de juillet et le mois d’octobre, le test a mis en évidence 14 unités infectées. Ces unités ont immédiatement été retirées des stocks, et il a été interdit aux donneurs en cause de faire des dons pendant 56 jours, délai nécessaire pour que le virus ne circule plus dans le sang. Aucun cas de transmission de ce virus par voie transfusionnelle n’a été enregistré au Canada depuis l’exécution du test de dépistage.
Les spécialistes sont toutefois conscients que le test de dépistage n’élimine pas complètement le risque que pose le VNO. Aux États-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention ont d’ailleurs confirmé six cas de contamination par du sang ayant pourtant été analysé, ce que les scientifiques expliquent par le fait que la charge virale est très faible au tout début de la période d’infection.
La Société canadienne du sang a changé de méthode pour analyser le sang provenant de régions particulièrement touchées par le VNO, afin de déceler de très faibles charges virales. Depuis le 2 août, bien qu’aucun cas d’infection chez les humains n’ait encore été signalé, elle applique la méthode de dépistage sur échantillons individuels pour le sang provenant de points de collecte situés dans des régions où des oiseaux ont été infectés. Si un cas humain survient dans une région donnée ou si le test met en évidence une unité de sang infectée, cette méthode sera ciblée sur la région du cas d’infection. Au fur et à mesure que les autorités de la santé publique signaleront des cas humains, probables ou confirmés, le champ d'application de cette méthode sera redéfini et ciblé sur les régions affichant le plus grand nombre de cas.
Le dépistage sur mélanges d’échantillons est la méthode habituellement appliquée en Amérique du Nord pour le dépistage du VNO. Elle consiste à analyser un mélange de six échantillons, chaque unité de sang faisant ainsi l’objet d’un dépistage. Cette méthode permet d’analyser suffisamment d’échantillons pour fournir aux hôpitaux les composants sanguins nécessaires, dont la durée de conservation est généralement courte. En cas de résultat positif, on analyse les unités séparément pour isoler l’unité ou les unités contenant le virus. Toutes les unités négatives pour le virus sont mises en circulation. Celle qui contient le virus est éliminée.
Le dépistage sur échantillons individuels consiste à analyser un échantillon de chaque unité séparément dès le départ. Cette méthode prend beaucoup plus de temps, mais elle offre plus de chances de détecter une faible charge virale, car elle évite l’effet de dilution. Cette technique constitue une mesure de protection supplémentaire pour les régions où sévit le VNO.
Le test de dépistage du VNO étant encore très récent, les organismes de collecte de sang nord-américains doivent se partager des ressources matérielles, technologiques et humaines limitées. De plus, l’épreuve de dépistage sur échantillons individuels nécessite six fois plus de matériel que l’analyse de mélanges d’échantillons. Aussi est-il essentiel de réserver cette méthode au sang provenant des régions les plus touchées. Elle n’est en effet pas indispensable dans les zones où le risque est faible ou non existant.
En raison des ressources matérielles, technologiques et humaines limitées, la Société canadienne du sang ne peut analyser individuellement qu’environ 10 % de ses stocks, soit quelque 1 800 unités par semaine. Les autres unités continueront d’être soumises à l’épreuve sur mélange d’échantillons. Si la Société canadienne du sang juge nécessaire, au vu de l’étendue de l’épidémie, de procéder au dépistage sur échantillons individuels dans certaines régions mais n’en a pas la capacité, elle décidera éventuellement de cesser de collecter du sang dans ces régions et intensifiera les collectes ailleurs. La réalisation du test de dépistage sur échantillons individuels, en conjonction avec l’annulation de certaines collectes, permettra de protéger les receveurs éventuels.
La Société canadienne du sang a conçu une application facilitant l’évaluation des risques dans les différentes régions sanitaires. Ce programme rassemble des données relatives aux cas d’infection aviaires et humains, aux collectes de sang à venir et au nombre de dons escomptés, permettant ainsi de savoir exactement pour quelles régions le dépistage sur échantillons individuels sera le plus profitable. En outre, la Société canadienne du sang collabore étroitement avec les autorités publiques pour analyser les renseignements issus de la surveillance épidémiologique et évaluer précisément les risques liés au VNO dans les différentes régions du pays.
L’an dernier, la Société canadienne du sang a découvert son premier cas de VNO le 22 juillet. Exécuté sur quelque 18 000 unités de sang par semaine, ce test est une importante composante du programme de surveillance épidémiologique dans ce pays.
Vous trouverez d’autres renseignements à propos des précautions prises par la Société canadienne du sang contre le VNO sur son site Web (www.bloodservices.ca).
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